Quel avenir pour l’or ?

8) L’allocation d’or dans les portefeuilles type des investisseurs est très faible, voire inexistante. Etant donné la taille minuscule du marché de l’or, une réduction de la part allouée aux actions et obligations en faveur de l’or reste un facteur de hausse explosif pour l’or (stock d’or mondial à $790 l’once = 150’000t = $3’810 milliards = moins de 4% de la taille du marché mondial des actions et des obligations).

9) Nous n’avons eu aucun signe d’engouement spéculatif populaire pour l’or, comme le montre Google trend avec la recherche « gold price » = prix de l’or :
Sur le premier graphique, le nombre de recherche pour le prix de l’or nous montre un intérêt en hausse chaque fois que l’or établit un sommet intermédiaire, mais il n’y a aucun phénomène d’engouement populaire, comme c’est le cas, par exemple, pour le terme de recherche « Obama ». Un long cycle de hausse pour l’or a de fortes chances de se terminer avec la formation d’une bulle, comme durant les années 70.

10) La santé de l’économie américaine ne va pas s’améliorer de sitôt ! Le consommateur est sur les genoux ce qui va peser sur la demande, et il reste des problèmes non résolus pour le secteur financier. Comment tout cela pourrait-il soutenir le dollar sur le long terme ?

11) Le problème des baby boomers en Occident (système des retraites et des soins médicaux) qui pèseront encore sur la dette du gouvernement.

12) Le soutien par la Fed des deux piliers du refinancement immobilier aux Etats-Unis, Freddie Mac et Fannie Mae, montre comment la Fed se donne les moyens de lutter contre la déflation. Les autorités prêtent plus d’argent à un taux préférentiel à Fannie et Freddie et peuvent acheter aussi leurs titres en Bourse. Fannie et Freddie sont probablement les deux sociétés les plus importantes de l’économie de consommation. La prochaine étape sera peut-être leur recapitalisation par l’Etat. Et ensuite, à qui le tour ? Tout cela encourage la création de nouvel argent, un processus inflationniste qui fera perdre encore davantage de valeur au dollar.

13) Malgré la crise bancaire actuelle, la masse monétaire continue de croître. La contraction du crédit ne conduit pas forcément à une contraction de l’offre de monnaie. Les pertes d’un crédit sont comme des pertes sur un investissement : le nouvel argent issu du crédit continue à circuler dans l’économie. Ces pertes peuvent mener vers la déflation en affectant la capacité de l’économie à prêter ou emprunter du nouvel argent, mais on ne peut pas conclure que les grandes pertes d’investissement du système bancaire vont nécessairement conduire à la déflation. Pourquoi ? Parce que les gouvernements seront toujours capables d’emprunter et les banques centrales seront toujours capables de prêter (même s’il faut prendre des mesures exceptionnelles pour cela : voir Fannie Mae et Freddie Mac). John Williams est un consultant économiste qui a passé 25 ans à compiler et étudier les rapports économiques du gouvernement américain, pour en tirer des modèles sur l’activité économique future et ainsi que sur le niveau futur de l’inflation. Il est devenu un spécialiste des statistiques sur l’inflation. Selon John Williams, le meilleur indicateur avancé sur le niveau d’inflation se trouve être l’agrégat monétaire M3. Et que nous dit M3 en ce moment ?

M3 ne nous dit qu’une seule chose : inflation. La dernière fois que la croissance de M3 atteignait un tel niveau, c’était juste après la fermeture du guichet de l’or par Nixon, en 1971.
Après avoir offert un bon soutien au prix de l’or ce printemps, la moyenne mobile exponentielle à 200 jours n’est pas parvenue à arrêter la vague de ventes paniques. Notre fenêtre d’achat, qui se tenait sur cette moyenne mobile à $875, se retrouve en perte de 9,5% à l’heure d’écrire. D’un point de vue technique, le fait que le nouveau creux D sur l’or se soit établi au-dessous du précédent creux B est un signe de faiblesse. Mais l’évènement le plus gênant est sans conteste la cassure de la moyenne mobile à 325 jours, aujourd’hui à $815, qui avait toujours soutenu le prix de l’or, mis à part un petit accident au printemps 2004 :
Nous voyons que l’épisode du début de 2004 offre un parallèle assez troublant : Le RSI en survente, même forme de mouvement correctif ABCD qui se termine en défonçant la MM, et même krach sur le HUI. A cette époque, le prix avait ensuite fait un retracement de 47,5% de la baisse de C à D, puis était revenu tester la moyenne mobile 6 semaines plus tard, cette fois avec succès. Il avait fallu plus de 5 mois pour revenir au niveau de l’ancien sommet à $432. Le krach sur le HUI, lors de la baisse de C à D pour l’or, accusait une baisse de -32% en 4 semaines (contre -33% en 4 semaines pour le HUI aujourd’hui). Le premier retracement de la baisse sur le HUI était de 52%. Le HUI avait effacé toutes les pertes du krach durant les 5 mois qui avaient suivi.

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